A la recherche de couleurs, j'ai traversé la ville de long en large. J'ai marché des heures. C'est un espace en transit, en devenir, à l'identité forte, mais qui n'ouvre pour l'instant que sur un avenir incertain.
Une énergie étrange se dégage de cet endroit. Les rencontres sont faciles et franches, l'hospitalité est une tradition. On en vient rapidement à parler des vraies choses.
Comment ça va Tirana ? Et toi, l'étranger ?
Derrière les façades colorées de cette cité bruyante et polluée, l'Histoire ne se cache pas. Je m'identifie, je respire ce lieu, je ne suis pas ici pour rien... Chacun tente de se cacher, de fuir ses fantômes, d'oublier.
Après de longues années d'isolement et d'immobilisme, le pays n'est pas encore totalement sorti de cet oubli. On y trouve encore des endroits hors du temps, ancrés dans le présent, ses difficultés et la gloire de l'instant. Finalement, j'ai perdu le fil là-bas, je n'ai pas trouvé les réponses à mes questions, j'ai oublié... et je n'oublierai pas Tirana.